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Une courte histoire de l'Argentine

Vous trouvez ci-joint quelques points de repères utliles pour naviguer dans la complexe histoire de l'Argentine

De la préhistoire à l’indépendance
Il est difficile de dater exactement les premiers hommes en Argentine, le témoignage le plus ancien réside dans la datation de la grotte de Fells (Patagonie chilienne), à quelques kilomètres du détroit de Magellan, en 9 000 av JC.
Visiblement ces premières peuplades seraient arrivées par le détroit de Béring et des îles Aléoutiennes, où la glaciation rendait les traversées plus aisées. Ils entreprenèrent leur « périple » vers 30 000 av JC et n’arrivèrent en Argentine seulement vers 10 000 av JC.
L’un des sites archéologiques les plus anciens et les plus impressionnants d’Argentine se trouve à la Cueva de las Manos et remonte à 7 370 av JC.
Ces immigrants commencèrent leur sédentarisation vers 5000 av JC, ainsi apparurent les premiers villages et premières traces d’agriculture (pomme de terre au Pérou , maïs au Mexique….) ; le début des grandes civilisations que découvriront les Espagnols au moment de la Conquista.
Motivés entre des rumeurs d’importants gisements d’or et d’argent (qui laisseront à défaut son nom à l’Argentine) et de découvrir enfin un passage entre l’océan Atlantique et l’océan Pacifique, Espagne et Portugal entreprendront d’innombrables expéditions vers l’Amérique du Sud.
Le tout premier européen à découvrir l’Argentine fut un espagnol, Juan Diaz de Solis, en 1516. Magellan, lors de son périple de 3 années, découvrit ce fameux passage en 1520 entre Atlantique et Pacifique, laissant son nom au détroit. S’ensuivit l’expédition de Mendoza, en 1536, où il fonda Puerto de Santa Maria de los Buenos Aires, l’actuelle Buenos Aires. Mais ce ne sera qu’en 1580 que la première colonie permanente sera établi à Buenos Aires par Juan de Garay. Pourtant Buenos Aires ne demeure qu’une localité secondaire en rapport aux colonies fondées dans les Andes : Santiago del Estero (fondée en 1551 – reste à ce jour la plus ancienne colonie permanente du pays), Mendoza (1561), Tucuman (1571), Cordoba (1573), Salta (1582). La suprématie du nord du pays devait beaucoup à la politique commerciale très protectionniste du Roi d’Espagne, qui imposait à tout commerce de transiter par le Pérou, jusqu’au Canal de Panama. Durant deux siècles, les négociants péruviens revendant à prix d’or leurs produits en Argentine, le commerce illicite avec les puissances étrangères devenaient inévitable et monnaie courante dans l’actuelle capitale argentine.
En 1776, l’Espagne décida de libérer les provinces atlantiques de la tutelle de Lima, pensant contrer les visées expansionnistes des Anglais, Portugais et Français.. Puis s’ensuivirent de multiples tentatives de conquêtes de la capitale, en vain. Cela eu de nombreuses conséquences sur l’histoire du pays. Au-delà de la fierté suscitée par leur victoire sur l’armée anglaise en 1807, les criollos (créoles : colons nés sur le sol argentin) ressentaient cruellement leur dépendance vis-à-vis de l’Espagne. L’invasion de l’Espagne par Napoléon, en 1808, mêlée à la forte influence de la Révolution française, mit un terme à la « conquista », Buenos Aires déclara son indépendance le 25 mai 1810.
Les débuts de l’Indépendance ne se firent pas sans douleur. Le 9 juillet 1816, sous l’impulsion de José de San Martin, le congrès de Tucuman proclamait solennellement l’indépendance des Provinces unies d’Amérique du Sud. Considéré comme héros national, il lui incomba la charge de débarrasser le continent de la présence militaire espagnole. Il permit la libération du Chili le 12 février 1818. Par ailleurs, Buenos Aires rentrait en conflit avec les villes de province. Le pays était désormais divisé entre « unitarios », partisans d’un gouvernement central à la capitale, et fédéraux, désireux de former une confédération de provinces autonomes. Les « unitarios » en appelaient à San Martin pour rétablir l’ordre à Buenos Aires. Considérant sa mission initiale non achevée, il continua et permit la proclamation de l’indépendance du Pérou en 1821. Repoussant une dernière fois les avances des « unitarios », il quitta l’Argentine pour l’Europe, laissant aux Argentins un ultime message : « Non, le général San Martin ne versera jamais le sang de ses compatriotes ; il ne combattra que les ennemis de l’indépendance de l’Amérique du Sud ».
De l’indépendance à nos jours
Cette période se révèle plus confuse et plus complexe, exigerait bien plus qu’un simple résumé.
L’argentine vécut des périodes fastes mais surtout plus traumatisantes avec son lot de dirigeants. Ce paragraphe sera plus synthétique, volonté de notre part de ne pas politiser le site.
1853 : proclamation de la Constitution, après la fin du règne du premier dictateur Juan Manuel de Rosas. En effet il aida le pouvoir central de la capitale et imposa le transit de l’ensemble du commerce international par Buenos Aires. Il dirigea le pays d’une main de fer pendant plus de 20 ans, donnant naissance à la mazorca (police politique réputée pour sa violence) et institutionnalisant la torture.
1862 : Buenos Aires devient officiellement la capitale de la République d’Argentine
1870 : après une guerre de 5 ans avec le Paraguay voisin, Domingo Sarmiento arrive au pouvoir. Il demeure aujourd’hui encore une référence en matière de promotion de l’éducation.
Avec une économie en plein essor, Buenos Aires devient un pôle d’attraction important pour l’immigration (Espagne, Italie, Allemagne, Europe de l’Est)
1879 : en raison d’une farouche résistance des indiens mapuche et tehuelche, une grande partie de la pampa du sud et de la Patagonie restaient inaccessibles aux colons. Une campagne d’extermination des peuples indiens, baptisée « Conquista del Desierto », fut lancée par Avellaneda, président de l’époque.
Début XXème siècle : malgré un réseau ferroviaire ultra développé, partant en étoile depuis Buenos Aires, l’avenir économique du pays reste fragile (distribution inégale des terres, l’industrie peinant à absorber toute l’émigration….). D’importants conflits sociaux apparurent.
1930 – 1940 : « la décennie infâme ». Sous fond de crise de 1929, les militaires prisent une place de plus en plus importante sur la scène politique, profitant de la situation sociale agitée, avec comme point d’orgue, le coup d’étât de 1943.
1946 : Prise du pouvoir par Juan Peron, qui se verra proclamé président de la République Argentine lors de 3 mandats non successifs. A travers sa 2ème épouse Evita, il incarnera un véritable symbole ancrée encore de nos jours dans la vie des argentins. Il réalisera en effet de profonds changements dans la structure politique du pays.
1951 : réélection de Peron
1952 : mort d’Evita, ce qui porta un lourd préjudice à la politique de Peron ainsi qu’à sa crédibilité. Fin 1955, un coup d’étât le contraint à un exil en Espagne. S’ensuit 3 décennies de gouvernement militaire catastrophique.
1973 : problèmes économiques récurrents marqués par de nombreuses grèves, kidnappings et guérilla permit à Peron de rentrer d’exil et fut sacré président pour son 3ème mandat.
1974 : mort de Juan Peron, laissant le pays divisé à sa 3ème épouse (et vice présidente sans expérience à l’époque)
1976 : putsch militaire dirigé par Videla. Souhaitant écraser la guérilla et restaurer l’ordre, il reçut un large soutien de la presse et de la population. Vint alors ce que le gouvernement appela à défaut El processo (processus de réorganisation nationale), qui consistait en opérations des forces de sécurité parcourant le pays pour arrêter, torturer, violer ou tuer quiconque figurant sur leurs listes de gauchistes présumés. On appela cette période « Guerre Sale (guerra sucia), où l’on dénombra pas moins de 30 000 disparus entre 1976 et 1983.
1982 : Guerre des Malouines
1983 : Raul Alfonsin devient le premier président civil depuis 1976. Il réussit à faire condamner les membres haut placés de la junte mais pas ces subalternes
1990 : le président Menem gracia Videla et ses hommes. Malgré une avalanche de demandes, la liste complète des disparus n’a jamais été publiée. Aujourd’hui encore de nombreuses manifestations de défense des droits de l’homme, comme les Madres de la Plaza de Mayo, qui se réunissent chaque jeudi depuis Plaza de Mayo à Buenos Aires, demandent à ce que la vérité soit faite.
2001 : chute libre de l’économie du pays. Le président de la Rua limite les retraits d’argent avant que de violentes manifestations ne le poussent à la démission
2003 : Néstor Kirchner exerce la fonction de président de la République argentine de 2003 à 2007. Il redresse le pays en renégociant la dette du pays en 2005 (en fait, il refuse le remboursement de trois-quarts des 100 milliards de dollars de dette extérieure). Par le gel des tarifs énergétiques et du transport, la très forte taxation des importations, il relance l’activité économique (+ 50 % en cinq ans) soutenue par les dépenses publiques, et double la masse salariale (de 2003 à 2007).
2008 : élection de sa femme Cristina Kirchner